Journal d’essais syntropiques

Pech Rougié 2026

Du 16 au 20 février, entre deux salon du chocolat, je me suis offert (enfin! j’attendais ça depuis si longtemps) un stage avec Anaëlle Théry intituté « fondamentaux de la culture syntropique ».

UN RÉGAL!

  • J’étais déjà conquise > maintenant je suis fan.
  • Je reviens avec une liste de lectures trop tops!
  • Je savais ce que j’étais venue chercher: mieux comprendre la technicité, intégrer des outils efficaces, mieux intégrer les concepts de la culture en syntropie afin d’adapter mon rêve de verger à la réalité des besoins du vivant.

A priori j’ai mieux compris l’idée générale, j’ai une petite mallette d’outils, je suis libérée de ma peur de faire des essais et cerise sur le gâteau décomplexée de ma relation spirituelle au vivant dans un cadre professionnel.

Par un heureux hasard, en revenant de ma semaine de stage et du salon du chocolat d’Alvignac, il a fait beau (après nos nombreuses journées de pluies incessantes aux rivières débordantes) je n’ai pas su résister, j’ai couru au jardin, récolté plein de boutures, commandé des patates à semer. C’est parti!

Ce que j’avais déjà fait sur la parcelle:

État de la parcelle avant toute plantation: prairie diversifiée, argilo-calcaire, en pente, exposée est/sud/ouest, haie au nord, haie arborée (chênes géants) à l’est, haie avec trous au sud, pas de haie à l’ouest, juste un magnifique chêne vert bien taillé par les vaches qui paissaient sur cette prairie avant mon arrivée. Parcelle fermée par un grillage de 2m, fort-knox anti-bambi (extrêmement nécessaire si on veut voir pousser un bébé plante)

  • Automne 2024:

plantation d’une 40 aine d’arbres espacés de 5 à 7 m en gardant la prairie et en paillant à la laine de mouton au pieds.

Printemps 2025:

>Greffes de plusieurs arbres avec Nico des croqueurs de pomme

>Aux 4 pôles: plantation de 4 parterres de fraisiers

>En bas de la parcelle, à l’abri de la haie sud, implantation de framboisiers, de boutures de cassis et de groseilliers

>A l’ouest, en bordure extérieure au « parc plantation », implantation de rosiers et de lavande

>Sur les parterres du centre, plantation de tomates et de basilics

>Sur les bordures de parterres semis répétés de tournesols et de maïs sempiternellement dévorés par les limaces, plantation de menthes

  • Été 2025:

Cueillette des fraises en plein cagnard (10kg, youpi!) Harassant arrosages, pour un résultat décevant, 1/3 des arbres n’ont pas survécus à l’été qui était ma fois fort chaud et fort peu pluvieux.

  • Automne 2025:

Je n’ai eu le temps de ne rien faire d’autre que du chocolat, des pâtes de fruits et des guimauves.

  • Période des vacances de Noël:

Paillage au foin, par Milo, des secteurs ombragés étant repérés comme « plus aptes au taux de survie des sujets plantés ».

  • Février 2026:

Stage avec Joala syntropie, l’espoir revient, j’ai bien conscience de mes diverses erreurs: arbres « tout seuls », trop espacés, trop enherbés au pieds, plantation trop dispersée, absence de carapace au sud-ouest, il faut commencer plus petit, plus serré encore plus serré.

Ce que j’ai appris:

La vie n’a jamais été aussi abondante que lorsqu’il y avait de grands troupeaux de géants qui mangeaient et déféquaient alimentant ainsi un cercle de perturbations vertueuses.

En 10 000 ans nous, magnifique et glorieuse espèce humaine, avons détruit (pour ne pas dire exterminé, inconsciemment cela va sans dire…) 80% de la masse animale vivante.

Pour recréer un système d’abondance nous devons donc nous substituer au mammouth disparu, ou aux grands troupeaux de chevaux sauvages et de bisons qui peuplaient notre continent….

Pour cela il nous faut, sur de petits espaces:

  • planter serré, pour créer de l’ombre pour qui en a besoin,
  • couper et déposer, beaucoup, et ainsi apporter plus de biomasse au pieds des cultures,
  • ouvrir à plus de lumière sur les feuilles grâce à la taille,
  • permettre à chaque plante de photosynthétiser au maximum et créer du sucre,
  • générer l’effet « faut qu’ça pousse » initié par les signaux d’alarmes des voisines qui se font couper la tête, action qui permet aux plantes de constituer plus de résistance aux maladies (ouah! elles sont trop fortes!)
  • devenir autonome en biomasse végétale, aidant ainsi à générer un sol noir qui sent « bon le champignon », aider à la remise en place d’un cycle vertueux de l’eau et une abondance de végétation (qu’il faut gérer n’en doutez pas).
  • Redonner à chaque plante sa place dans les strates, nous avons oublié quels étaient leurs vrais besoins à force de les installer en plein soleil en les maintenant en vie par nos arrosages et nos soins constants.
  • Accepter de planter des espèces qui n’ont rien à voir avec mes objectifs étriqués de confiseuse, plantes qui vont accompagner dans leur développement les production dites « primaires » et « secondaires » auxquelles j’aspire. Accepter de planter pour couper et rendre au sol, oui même des arbres….Ils repoussent, en plus!

C’est parti mon kiki:

Je me suis lancée dans les plantations tout feu tout flamme:

Fin février 2026

  • Sur les espaces qui ont étés paillés en décembre, je déplace mes pieds racinés de groseilles, casseilles et cassis et je crée des « lignes » en intercalant des boutures de gojis, chalef d’automne, figuier, forcicia et saules (j’ai récupéré plein de variétés différentes ça va être beau). J’ai aussi planté un mimosa, un chèvrefeuille d’hiver et des amélanchiers qui fourniront des boutures pour les prochaines années. (suivant mes lignes j’oscille entre 25 cm et 50 cm d’écart entre les boutures, si c’est trop serré, je pourrais couper). J’ai étoffé le début de haie « noisetiers » qui est plein sud (aïe), déplacé les rhubarbes qui étaient bien malheureuses, je vais déplacer mes consoudes éparpillées sous ce secteur ombragé.
  • Je ne veux pas travailler le sol avec un motoculteur donc j’ai paillé les espaces que j’avais laissés libres entre les bandes, je vais y déposer délicatement des pommes de terre qui produiront de la photosynthèse pendant que les vers de terre travailleront le sol couvert. A la récolte des pommes de terre, j’essaierais un petit semis de phacélie pour continuer d’amadouer l’argile et à l’automne j’y installerais de nouvelles cultures. (plus de détails à l’automne quand mes réflexions auront avancé)
  • J’ai désherbé méticuleusement mes fraisiers, j’ai semé « dans les trous », des poquets de fèves, et un mélange salade/radis/roquette/trèfle à la volée. Côté sud/ouest j’ai rajouté des boutures de saule/gojis/chalef et figuier pour commencer à faire de l’ombre, je rajouterais des plans de soucis, tournesols et maïs suivant les parterres. (oui cette année je fais des plants, ça va bien de donner à manger aux limaces!) Au centre du parterre bien ombragé j’ai intégré les casseilliers. Ils pourront ainsi prendre le relais des fraisiers quand ils auront fini leur cycle.

Mi mars 2026

  • J’ai préparé une partie de mes semis sous la serre de Clarisse qui nous fait de supers légumes bio à Cajarc en pratiquant la permaculture. j’ai semé des pastèques à confire, des maïs, des tournesols, de la tagette, de l’hysope, des pois de senteur, des soleils de Mexico, de la tanaisie, des tomates, du basilic de la ciboulette et des piments.
  • Les semis de radis/salade/mâche/épinards/trèfle pointent le nez, les fèves se font scrupuleusement dévorer dès qu’elles germent (soupir, il me faut des chats au terrain ou faire une porte pour le renard que le chevreuil ne pourra pas utiliser…. Un petit casse tête technique à étudier, j’avoue, j’aime ça…).

10 avril 2026

  • Depuis mon dernier message j’ai débroussaillé sous les mirages et les drones en exercice…
  • J’ai mis les pommes de terre, les mulots m’aiment encore plus….
  • Je mets des cassis partout, j’en ai plein….
  • Les consoudes et mélisses ont été déplacées et associées à des lignes cassis, j’ai éclairci les bébés salades dans les bandes de fraisiers et je les ai repiquées au pieds des cassis.
  • J’ai récupéré un paulownia, j’ai mis des petites boutures de racines sur les lignes extérieures.
  • J’ai intégré mes pêchers de vigne en surplus à la ligne de haie extérieure avec le grillage.

Histoire à suivre….

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